Un projet de guide de 93 pages en deux volumes pour expliquer aux
policiers britanniques la bonne façon de circuler à vélo -- avec des
instructions sur le freinage et le bon équilibre pour ne pas tomber --
a été abandonné jeudi après avoir été la cible de critiques et de
quolibets.
Le guide prend soin de conseiller aux officiers
de police de ne pas affronter un suspect quand ils sont encore en
selle. Et il illustre par un croquis détaillé la façon de "se déployer
à une intersection", c'est-à-dire, comment tourner à droite ou à
gauche.
Le guide, révélé par le tabloïde The Sun,
conseille aux policiers de porter des cuissards "pour le confort en
selle" et de ne pas oublier d'effectuer "un contrôle arrière", c'est à
dire de regarder par dessus leur épaule.
Le livret suggère aux policiers en civil de
circuler en vélo sans casque de protection pour éviter d'être repérés
trop facilement.
Mais, pour ne pas être pris en défaut sur les
mesures de sécurité, le guide ajoute que "ce manque de protection doit
être signalé et qu'une évaluation complète du risque lié à la mission
assignée" doit être effectuée.
L'Association des officiers supérieurs de la
police (ACPO), à qui ce livret a été soumis pour approbation, a
toutefois indiqué jeudi qu'elle ne le publierait pas.
"Ce travail n'a été ni commandé ni élaboré par
l'ACPO et nous ne l'approuvons pas", a commenté un porte-parole. "Il a
été proposé par un groupe d'officiers bien intentionnés impliqués dans
ce domaine".
"L'ACPO ne lui donnera pas suite", a-t-il expliqué.
Selon le Sun, qui dénonce souvent les excès de
la bureaucratie, ce guide dont l'utilité peut faire débat, a coûté des
milliers de livres.
"Je suis sûr que c'est très utile (...) mais je
pense que l'on peut faire ce genre de choses de façon beaucoup,
beaucoup plus économe", a souligné le maire de Londres Boris Johnson,
lui même un cycliste convaincu, qui cherche à développer l'usage de la
petite reine à Londres.
Mark Wallace, chef d'une association de défense
des contribuables, a dénoncé pour sa part "une perte de temps pour la
police et le gaspillage de milliers de livres payés par le
contribuable".
